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~~~~~Perte d'autonomie
Habitante d'un logement au cœur du centre ville, une femme montait tant bien que mal le début de la pente en fauteuil roulant tout en poussant les roues à l'aide de ses mains, tenant sur ses genoux un sac empli de courses. Les cheveux courts argentés, elle était proche des 70 ans, et n'avait plus la même force d'autrefois, ni l'énergie nécessaire. Un homme à la peau sombre aux origines du nord de l'Afrique et âgé d'une cinquante d'années se pencha face à elle. Il lui adressa la parole, et la dame opina de la tête. L'homme se plaça derrière le fauteuil, et le poussa jusqu'au pied de l'immeuble dans lequel elle logeait.

~~~~Chat piégé dans les combles
Sous les combles d'un immeuble, un chat s'est faufilé par un orifice de la toiture après s'être échappé de l'appartement en profitant de l'ouverture du velux et s'est retrouvé prisonnier. La propriétaire n'osant pas appeler les pompiers, elle sollicita son frère aîné. Tardivement le soir, il se déplaça et parcourut un peu plus de 35 km le ventre creux pour l'aider. Il déboîta le vélux de son emplacement, retira des tuiles, se laissa glisser dangereusement sur le toit pour atteindre l'ouverture, et accéda dans les combles. Un peu sauvage, le chat se rua plus loin pour se dissimuler, mais son frère l'atteignit peu de temps après par la ruse (le pouvoir des croquettes) et le ramena à l'intérieur.

~~~~Panne automobile
A 03h55 du matin, le rond point situé près de la forêt est plongé dans l'obscurité. Seule à bord de son véhicule pour se rendre à son travail, un pneu crevé l'obligea à s'arrêter sur le bas côté. Craignant de faire une mauvaise rencontre dans cet endroit déserté, elle remonta dans son véhicule d'un air déterminé pour rejoindre la rue dans laquelle elle logeait, où les lieux étaient éclairés et fréquentés. Peu importait les dégâts matériels, seule la sécurité primait car elle connaissait les statistiques et circonstances dans lesquelles se déroulaient les agressions. Elle avait eu le bon réflexe. Tandis qu'elle donna des coups de pied sur la croix pour dévisser les écrous, un véhicule modéra sa vitesse à sa hauteur, le conducteur l'observant.
- Il hésite, il se méfie. Avec tout ce qui se passe, il a peur de tomber sur un leurre. C'est normal. Ce n'est pas grave, j'ai réussi à dévisser un écrou, je vais peut être y arriver, mais j'aurais sûrement du retard, songea-t-elle.
Une Peugeot 205 marron ralentit exactement de la même manière que la précédente.
-Laisse tomber, il se méfiera lui aussi. Continue de dévisser, se dit elle tout en dévissant le 2ème écrou.
Mais il n'en fut rien. D'origine maghrébine, le jeune homme se rendait en direction des logements d'un quartier très mal réputé en matière de délinquance. Il baissa sa vitre, et s'adressa à la jeune femme.
- Avez vous besoin d'aide ? Proposa-t-il. Son regard avenant la mit en confiance, et elle accepta volontiers son aide. En deux temps trois mouvements, il changea la roue sans discuter, et elle le remercia avec beaucoup de retenue, alors qu'elle en était reconnaissante. Elle avait parfaitement conscience que ce geste d'inconnu était rare.

~~~~~~La pauvreté
Le lycée organisa une sortie pour laquelle il fallait payer. Une adolescente avisa ses amies de la classe qu'elle n'y allait pas pour des raisons financières car ses parents lui disaient souvent qu'ils avaient des difficultés. Redoutant de nouvelles pressions sociales de leurs parts, elle rebuta en décidant de ne pas y aller. D'origines maghrébines dont les parents possédaient une bourse modeste, ses trois amies se cotisèrent et lui dirent, le sourire rayonnant :
- tu pourras venir avec nous, on a cotisé toutes les 3 pour que tu viennes.
Les parents de ses amies avaient certainement les mêmes écueils que les siens. Des pauvres aidant un pauvre. Un comble ! Totalement déroutée, ses joues rosirent de honte. Elle les remercia d'un air timoré ne sachant comment exprimer sa joie et sa gratitude.

~~~~~Chien errant au bord de la route
Dans son véhicule, elle roula tranquillement sur la route départementale. Son tableau de bord afficha 85 km/heure. Tout autour, la beauté des plateaux picards à perte de vue rutilait aux rayons du soleil. Sur la route opposé, un véhicule Renault bleu foncé à l'intérieur duquel un chauffeur aux cheveux bruns passa sa main au-delà de sa vitre ouverte l'agita pour faire signe de ralentir.
- Pourquoi fait-il cela ? Si c'est la police, ce n'est pas très malin. Ils font peut-être un plan épervier pour retrouver de dangereux gangsters, un enfant a peut être été enlevé, que sais-je d'autre, se demanda-t-elle en jaugeant la situation.
Face à elle, le camion ralentit brusquement. Peu après, elle aperçut un chien noir et blanc de taille moyenne errant sur le bord de la route. C'était donc pour cette raison qu'il avait fait signe.

~~~~~Ballon perdu
Depuis la cour d'école, un ballon venait d'être lancé par mégarde pour se faufiler au-delà des barreaux. A l'école maternelle, des enfants s'agglutinèrent aux barreaux pour fixer d'un œil impuissant le ballon présent sur le bord de la route. Une petite voiture Toyota grise dans laquelle une femme aux longs cheveux dorés coiffés en queue de cheval ralentit puis s'écarta subtilement de l'obstacle. Dans le véhicule qui la suivit, la jeune femme demeura interloquée
- Mais enfin ! N'a-t-elle pas d'enfants ? Se souvient-elle de l'avoir été un jour ?
De plus, le ballon obstruait la route.
Furtivement, elle observa le véhicule présent derrière elle, coupa le moteur du véhicule, prit soigneusement les clés du contact, ramassa le ballon et le lança dans la cour, et sans perdre de temps regagna son véhicule. Un klaxon retentit du véhicule situé juste derrière le sien, exprimant son mécontentement d'un geste de la main à l'égard des enfants. L'espace de ces quelques secondes, elle avait contemplé avec une joie dissimulée la réaction des enfants. Merci Madame, avaient lancé deux ou trois garçons à l'unisson, ravis et rassurés à la fois.

~~~~~~oisillon tombé du nid
Une feuille à la main, les genoux à terre, une jeune femme aux cheveux bruns courts était penché sur le sol. A quelque pas d'elle, un jeune homme brun l'observait silencieusement d'un air admiratif, son compagnon. Sur le goudron, un oisillon jaune et noir se tortillait, ouvrant et fermant le bec. Tombé d'un nid, l'oisillon égaré revendiquait ses parents. La femme tenta tant bien que mal d'attraper l'oisillon vulnérable pour le mettre en hauteur afin que celui-ci ne soit pas à la merci des prédateurs.

Les plus beaux gestes de l'humanité

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